J – 1
Le réveil a été d’autant plus dur que la nuit a été courte. Après avoir discuté jusqu’à plus de deux heures du matin, il a fallu passer à l’étape « démêlage capillaire », douche, etc… et avec l’ensemble des réflexions nocturnes habituelles, je ne me suis pas couchée avant 3h bien tassées. Autant dire que le lever à 6h30 n’a pas été des plus agréables. Le super détail, c’est que je n’avais pas fermé les rideaux, et que donc, en ouvrant les yeux, de la fenêtre, je n’aperçois qu’un immense carré bleu, d’un bleu dans défaut, superbe dans la lumière du matin. Après s’être levée pendant 2 ans et demi avec des carrés gris, imaginez un peu le bonheur qui est le mien (multipliez ça par deux ou trois et vous aurez un bref aperçu du pourquoi je veux tant rester ici)…
Après le petit déj, on a repris la route pour Kula Mawe, pour le retour en arrière, c’est sur cette route que nous avons aperçu la cheetah il y a plus de quatre mois… On se retrouve très vite au milieu de nulle part, mais wouah, cela en vaut plus que la peine, tellement les paysages sont époustouflants, le soleil jouant avec les différentes végétations, les collines, les vallées… Pas un nuage en vue, seuls de nombreux troupeaux de dromadaires pour nous rappeler qu’il y a de la vie autre que végétale ici… J’adore cet endroit, et l’heure et demie (bien tassée) de piste plus ou moins bonne n’a été que pur bonheur. Tout est là pour passer une journée aussi parfaite que celle d’hier, et sans ternir le bonheur qui est le mien, je ne peux m’empêcher de regretter que ce soit l’avant dernier jour de cette merveilleuse aventure. Arrivés au site (merci l’aide à la navigation du GPS sans qui on se serait légèrement gouré d’endroit !), toujours pas de gomme (ça c’est beaucoup moins bien mais que faire…) mais toujours un soleil de plomb, et des paysages magnifiques… J’ai dit que j’aimais ce pays ??? lol.
Nous avons ensuite pris la route du retour, et comme à chaque fois qu’on quitte cet endroit, nous avons rencontré un « petit » mur de pluie, qui a eu l’effet positif de rincer un peu la voiture couverte de poussière… Cela n’a pas duré longtemps, heureusement, et nous sommes arrivés à Nairobi sous le soleil en fin d’après midi.
Triste que la journée se finisse alors que j’avais l’impression que le temps s’était arrêté, il a fallu commencer à faire la valise, et cela n’a vraiment pas été facile. Après quelques larmes et de longues minutes où la valise reste vide au milieu de la pièce, j’ai essayé de trouver une bonne dose de courage pour ranger peu à peu toutes mes affaires… Kristina voulait que nous allions manger ensemble pour notre dernière soirée, et si ce n’est pas vraiment ce dont je rêvais pour ma dernière soirée, nous avons malgré tout passé un agréable moment dans mon restaurant préféré. Carlos est ensuite venu me dire au revoir, encore un moment pas facile, car ça me fait de plus en plus réaliser la proximité de mon départ. Ma valise est maintenant presque finie, il va falloir redescendre sur terre et admettre que tout cela doit avoir une fin. Si je ne peux m’empêcher de verser quelques larmes supplémentaires en écrivant tout cela, j’ai passé deux des plus merveilleux jours, perdue dans un coin de paradis, une petite bulle de bonheur hors du temps que personne ne pourra jamais m’enlever…