J – 20
5h45, le réveil sonne, après une nuit courte, et agitée, tellement j’avais peur de ne pas me lever. Tout est prêt, le temps d’empaqueter les affaires de dernières minutes, et
c’est parti pour un périple de deux jours direction le parc national d’Amboseli. Rien de très intéressant d’indiquer dans le Lonely Planet, si ce n’est que l’on peut y voir plein d’animaux, et
ça, je confirme ! Mais patience, chaque chose en son temps.
Première étape, reprendre la route de Kajiado. Cela commençait mal, on se tape les embouteillages en centre ville (incroyable un samedi à 6h30 du matin !!), et une énorme
déviation qui nous amène au milieu de nulle part (et ce n’est que le début !). Heureusement, Carlos est un homme, donc il a le sens de l’orientation (contrairement à moi s’il est besoin de
le préciser !), et nous voilà sortis de Nairobi sans encombre. La route jusqu'à Namanga (frontière tanzanienne) et bonne, mais après, pour atteindre le parc, c’est de la piste, plus ou moins
bonne selon les portions. Dans l’ensemble ça va, et à 10h environ, nous étions devant la porte d’Amboseli National Parc. Que l’aventure commence, et sous un soleil de plomb s’il vous
plait !
Juste après l’entrée, il y a un lac, mais qui est complètement sec en période sèche, ce qui rend le paysage très étrange, car plat, sec, sans animaux… Et en plus, c’est immense,
tu n’en vois jamais la fin.
On atteint l’autre rive (il faut l’imaginer, j’ai dit que c’était sec !!), où se trouve des marécages (pas secs eux !) et j’aperçois mes premiers éléphants, gentiment en
train de patauger. Parmi eux, un petit, trop mignon, me voilà définitivement fan des éléphants. Bon il faut avouer que ce n’est pas très difficile de voir des éléphants dans ce parc, car il y en
a un sacré paquet… Et juste à coté, mes premiers hippos. Trop la classe, j’en avais jamais vu en vrai (ou alors je ne m’en souviens pas !), et wouah, dans le genre massif, voilà le
bestiau ! Il y a une petite colline sur laquelle on peut monter à pied pour admirer la vue, qui était bien sûr sublime sous ce ciel bleu. Entre les éléphants faisant trempette dans le swamp,
les hippos, les oiseaux et tout et tout, j’aurais pu rester là des heures durant !
On reprend la route, et la chance nous sourit plus d’une fois. Au détour d’un virage, des dizaines d’éléphants, des gros, des bébés, des éléphants partout, qui en file indienne,
traversent la route juste devant la voiture… Incroyable, les mots manquent pour expliquer ce qu’on peut ressentir. Un peu plus loin, je retrouve mes Amours de toujours, les girafes, toujours
aussi belles et élégantes. Et tour à tour, gazelles de toutes sortes, buffalos (en compétition directe avec les hippos dans la catégorie mastocs !), des gnous, des oryx, des zèbres, des
oiseaux de toutes espèces, des phacochères, des élands, que sais je encore, je crois que j’en oublie plus d’un mais vous avez compris l’idée ! Je me trouvais déjà chanceuse à la mi journée
quand on s’est posé pour déjeuner, et vous ne me croirez peut être pas (et pourtant) mais ce n’était que le début !
On a donc pic niqué dans la voiture, en se réjouissant de cette magnifique journée qui s’offrait à nous et en tentant de planifier un peu notre itinéraire du reste de la journée.
J’ai beau être archi nulle en orientation, je me débrouille pas trop mal avec une carte (merci papa de m’avoir appris ça quand j’étais petite !), et nous avons donc prévu un joli petit
circuit. Nous voilà repartis, plus motivés que jamais, à la recherche du moindre mouvement qui pourrait traduire la présence d’un animal intéressant (on se lasse assez vite des zèbres et des
gazelles !). C’est étrange comme la chance peut parfois nous guider (certains parleront de « destin » (petit clin d’œil)), et je crois que là, je ne peux qu’acquiescer. Le chemin
que nous voulions prendre (bien indiqué sur la carte !!) n’existe en fait pas (ou plus), et du coup, la piste sur laquelle nous somme n’est indiquée nulle part. On atterrit sur un espèce de
rond point (il va falloir faire marcher votre imagination), et Carlos repère une lionne. Mon plus grand rêve de gosse, juste là, en train de roupiller sous les arbres. On a vraiment de la chance
car comme c’est un rond point, on est vraiment très proches. Selon Carlos (moi et les distances, et presque aussi bons que moi et l’orientation), moins de 10 mètres. Rien que de l’écrire, je m’y
revois, et je souris comme une imbécile devant mon écran ! Et grand moment de la journée, voilà que je lance « mais pourquoi t’es toute seule ? » (ouais bon je parles à la
lionne je sais… Laetitia, 5 year old !), et Carlos qui me répond : « heu elle n’est pas toute seule en fait, regarde là… ». Et encore plus près de nous, une deuxième lionne,
camouflée sous les arbres. Enormissime. Grandiose. Merveilleux. Et plus encore. On est bien resté plantés là pendant 45 minutes, perdus au milieu de nulle part, avec pour seule compagnie deux
lionnes magnifiques, à moins de 10 m de la voiture. Quand une a décidé de se lever pour aller faire un tour, elle est passée tellement près de la voiture qu’il m’a même fallu fermer la fenêtre,
juste au cas où, ben ouais c’est féroce un lion quand même !! Dur dur de repartir, et je ne le savais pas encore, mais la journée (déjà plus que parfaite) n’était pas encore finie. On a
réussi à retrouver une route existant à la fois dans la vraie vie et sur la carte, et on a donc du faire un petit détour pour retrouver le chemin que l’on voulait prendre. A nouveau, pourquoi
a-t-il fallu qu’on passe par là alors que cela n’était pas prévu, je n’en sais rien, mais je sais que je ne le regretterai jamais ! Carlos me demande en rigolant ce qu’il y a d’autres sur ma
liste. Difficile à dire, on a déjà réalisé tous mes rêves de gosses la, je suis en plein milieu du Lion King !! Je demande donc un lion mâle, des lionceaux, une hyène, un guépard, un léopard
et le Kili dégagé (car on est vraiment pas loin, mais il est souvent caché par les nuages…). Autant dire que le plus dur est devant nous ! Que nenni, trois minutes après, on croise une
hyène. Moi j’hallucine complètement, il suffit qu’on parle d’un truc et PAF, il apparaît comme par enchantement. Et non, ce n’est pas fini, quand je vous dis que c’est un jour PARFAIT je pèse mes
mots ! Dans un marais, on trouve un gros chat (on a mis du temps à l’identifier, mais grâce au Lonely Planet, nous savons maintenant que c’était un serval), trop mignon, et normalement hyper
difficile à apercevoir (il suffit de demander je vous dis !). On croise une voiture arrêtée sur le bord de la piste (une famille de français en plus, c’était marrant), en train d’observer,
je vous le donne en mille (après les lions, les éléphants, les girafes, les hippos, les hyènes, et tout le reste…), un guépard, en train de dévorer une gazelle. Alors là, Carlos est moi on
n’arrive pas à y croire, on plane complètement dans la 5ème dimension (même la 4ème de Chuck ne suffit plus !), que peut il nous arriver de plus incroyable ?
Comment ce jour pourrait-il être plus magique ?
Le jour commence à tomber, nous décidons d’en rester là pour aujourd’hui, et prenons la route du campement. Et avec un sublime coucher de soleil, en face de nous se découvre le
Kilimanjaro, point culminant de l’Afrique, avec ses neiges éternelles, et toute sa splendeur. Can you beleive that. Parce que moi, franchement, je n’y arrive toujours pas. Arrivés au camp, on
plante la tente avec vue sur le Kili (ben ouais, on a une journée parfaite ou pas ?), qui est free de tout nuage à au moins 2 km à la ronde. Et là, clou du spectacle, Carlos explose de rire
en me lançant : Devine quoi, c’est la pleine lune !
Imaginez la scène, en moins de 7h de visite, on a pu observer (et de près, même de très très près parfois !) toutes sortes d’animaux magiques, réaliser mes plus grand rêves
d’enfance, et on fini installés autour d’un feu de camp à manger des yeux le plus haut sommet d’Afrique, entouré d’un coucher de soleil magnifique et d’une pleine lune rougeoyante. Un rêve
éveillé !
Cerise sur le gâteau (s’il en fallait une !!!), Didier m’annonce que nous devrions observer une éclipse partielle… Bon, on n’a pas réussi à la voir, soit on s’est loupé, soit
on s’est couché trop tôt, mais bon…
On a passé la soirée autour du feu, avec un succulent barbec au menu (il fallait au moins ça !), et les bruits des animaux sauvages en fond sonore. Il y a des éléphants, des
lions et des hyènes pas loin…