Et voilà, je suis en France, après une superbe dernière journée, où j'ai pleuré, pleuré, beaucoup pleuré, mais aussi passé des moments inoubliables, et c'est peu dire.
Le voyage s'est bien passé lui aussi, je suis arrivée dans encombres à Brest, où toutes les Topines et les Topains se sont bien occupés de moi, car le retour n'est vraiment pas facile.
Lundi, j'ai repris la route du Sud (un immense MERCI à Emilie sans qui j'aurais sombré dans la dépression, mais heureusement, les arbres sont beaux, et on a même parfois la chance de croiser un
panier de basket ou un cerf volant...) et mardi, je pose enfin mes valises à Marseillan.
Retour à la case départ, après un merveilleux tour de piste (sans passer par la case prison, mais avec des arrêts réguliers dans les cases "j'ai vu des lions", "je ne veux pas partir" ou "je vis
les plus beaux jours de ma vie"...).
Il m'est difficile de trouver les mots justes pour poster cet article qui sera le dernier d'une longue série.
Après six mois d'Afrique, 190 articles postés, des images pleins les yeux, des souvenirs plus beaux les uns que les autres qui remplissent ma tête pour toujours, des rencontres inoubliables, il me
faut maintenant mettre fin officiellement à ce blog.
J'ai pris énormément de plaisir à vous raconter ma vie tous les jours, (et j'avoue que cela me manque souvent), peut etre meme plus que vous à me lire lol...
Je vous dédie à tous ce dernier petit message (pour ceux qui me liront) et sans faire de liste de remrciements cette fois (celle ci serait trop longue et j'aurais peur d'oublier trop de monde),
vous savez combien je vous suis reconnaissante pour tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait pour moi, tout ce que vous m'avez appris, apporté, et pour tout le soutien moral,
psychologique, physique et divers lol qui a été essentiel pour moi au cours de ces six mois.
Voila, une page se ferme, mais une autre s'ouvre, et peut etre que je pourrai un jour ouvrir à nouveau ce blog, si jamais Titia se décide à retourner chez les Yions (je vous ai dit que j'avais vu
des lions? mdr)
La nuit a été courte, difficile de fermer les yeux quand on sait que c’est la dernière fois. Trop de choses se bousculent dans ma petite tête, je n’arrive pas à me résoudre de
tout quitter ici. Je me suis levée vers 7h, pour finir ma valise, et profiter de mon tigre qui, lui aussi, va cruellement me manquer… Comment faire tenir les plus beaux 6 mois de sa vie dans une
boîte de 20 kg… Ca n’a pas été facile, il a fallu faire pas mal de tri dans tout ce que j’ai accumulé ici, mais je crois que j’y suis parvenue. Pffiou, pas facile, il suffirait d’une petite
seconde de faiblesse pour que je la rouvre et redéballe tout (même si après réflexion, il faudrait que je trouve un autre endroit pour habiter car trop de suédoise tue la suédoise… mdr, une
pointe d’humour pour relativiser un peu, ça ne fait pas de mal hein…). Mais il n’en est rien, je prends sur moi (un peu, beaucoup, passionnément…) et so far, ma valise est toujours fermée.
Il est 10h40, ce n’est donc pas vraiment l’heure normale pour vous faire le bilan de ma journée, mais je n’aurais sûrement pas le temps d’écrire après, donc…
Didier passera me prendre pour qu’on dépose toutes mes affaires chez lui, avant d’aller au labo, faire le tour des bureaux pour dire au revoir. Gosh, je n’ose pas imaginer combien
ça va être facile, de leur dire au revoir. On dit qu’on garde le meilleur pour la fin, tu parles, cette journée va être des plus difficiles, mais bon, il va falloir que j’arrête de me plaindre,
afin de profiter de ces derniers moments malgré la tristesse et les petits papillons dans mon ventre qui apparaissent dès que je pense à ce soir…
Voilà, c’est donc bientôt la fin de ce blog également, Titia quitte le pays des yions et rentre au bercail. Je posterai sûrement un petit mot après mon retour pour vous raconter
la fin de ma journée, et peut être faire un petit bilan un peu plus positif que mes pauvres yeux qui pleurent depuis hier soir !
Je tiens quand même à vous remercier pour m’avoir suivi, pendant les hauts, les très hauts, les très très hauts, et parfois les un peu moins hauts (mais haut quand même lol), sans
votre soutien, votre gentillesse, votre amitié et votre Amour cela n’aurait sûrement pas été pareil… Même si je vais vous retrouver, cela va beaucoup me manquer que de ne plus vous écrire tous
les soirs…
Le réveil a été d’autant plus dur que la nuit a été courte. Après avoir discuté jusqu’à plus de deux heures du matin, il a fallu passer à l’étape « démêlage
capillaire », douche, etc… et avec l’ensemble des réflexions nocturnes habituelles, je ne me suis pas couchée avant 3h bien tassées. Autant dire que le lever à 6h30 n’a pas été des plus
agréables. Le super détail, c’est que je n’avais pas fermé les rideaux, et que donc, en ouvrant les yeux, de la fenêtre, je n’aperçois qu’un immense carré bleu, d’un bleu dans défaut, superbe
dans la lumière du matin. Après s’être levée pendant 2 ans et demi avec des carrés gris, imaginez un peu le bonheur qui est le mien (multipliez ça par deux ou trois et vous aurez un bref aperçu
du pourquoi je veux tant rester ici)…
Après le petit déj, on a repris la route pour Kula Mawe, pour le retour en arrière, c’est sur cette route que nous avons aperçu la cheetah il y a plus de quatre mois… On se
retrouve très vite au milieu de nulle part, mais wouah, cela en vaut plus que la peine, tellement les paysages sont époustouflants, le soleil jouant avec les différentes végétations, les
collines, les vallées… Pas un nuage en vue, seuls de nombreux troupeaux de dromadaires pour nous rappeler qu’il y a de la vie autre que végétale ici… J’adore cet endroit, et l’heure et demie
(bien tassée) de piste plus ou moins bonne n’a été que pur bonheur. Tout est là pour passer une journée aussi parfaite que celle d’hier, et sans ternir le bonheur qui est le mien, je ne peux
m’empêcher de regretter que ce soit l’avant dernier jour de cette merveilleuse aventure. Arrivés au site (merci l’aide à la navigation du GPS sans qui on se serait légèrement gouré
d’endroit !), toujours pas de gomme (ça c’est beaucoup moins bien mais que faire…) mais toujours un soleil de plomb, et des paysages magnifiques… J’ai dit que j’aimais ce pays ???
lol.
Nous avons ensuite pris la route du retour, et comme à chaque fois qu’on quitte cet endroit, nous avons rencontré un « petit » mur de pluie, qui a eu l’effet positif de
rincer un peu la voiture couverte de poussière… Cela n’a pas duré longtemps, heureusement, et nous sommes arrivés à Nairobi sous le soleil en fin d’après midi.
Triste que la journée se finisse alors que j’avais l’impression que le temps s’était arrêté, il a fallu commencer à faire la valise, et cela n’a vraiment pas été facile. Après
quelques larmes et de longues minutes où la valise reste vide au milieu de la pièce, j’ai essayé de trouver une bonne dose de courage pour ranger peu à peu toutes mes affaires… Kristina voulait
que nous allions manger ensemble pour notre dernière soirée, et si ce n’est pas vraiment ce dont je rêvais pour ma dernière soirée, nous avons malgré tout passé un agréable moment dans mon
restaurant préféré. Carlos est ensuite venu me dire au revoir, encore un moment pas facile, car ça me fait de plus en plus réaliser la proximité de mon départ. Ma valise est maintenant presque
finie, il va falloir redescendre sur terre et admettre que tout cela doit avoir une fin. Si je ne peux m’empêcher de verser quelques larmes supplémentaires en écrivant tout cela, j’ai passé deux
des plus merveilleux jours, perdue dans un coin de paradis, une petite bulle de bonheur hors du temps que personne ne pourra jamais m’enlever…
Difficile de s’endormir rime un peu avec difficile de se lever. Mais la perspective de retourner sur le terrain une dernière fois est plus forte que le reste, et malgré la fatigue
et le fait que nous soyons partis avec quelques minutes de retard, ce petit trip n’annonce que du positif. Comme à chaque fois que nous partons sur le terrain, il commence par pleuvoir, mais
comme je suis désormais une des filles les plus chanceuses qui existent, le temps se lève, juste à temps pour me permettre d’apercevoir le Mont Kenya, une nouvelle fois, toujours aussi beau, avec
la lumière du matin, une légère brume qui donne une superbe luminosité, enfin le top quoi. Sans avoir eu le temps de voir les heures passer, nous arrivons à Isiolo, la journée s’annonce vraiment
belle, un pur ciel bleu, pas de nuages en vue, mais par contre, un taille de vent qui forcément soulève pas mal de poussière ! Chouette, entre Didier qui est (légèrement) maniaque et moi qui
ai (un peu) de mal à respirer quand la poussière rentre dans mon nez… mdr, voilà une preuve de plus de l’efficacité de notre équipe de bras cassés… Bref, alors que je m’apprêtais à prendre la
direction de l’hôtel, Didier m’a un peu pris de court avec une jolie surprise, en voulant m’offrir un cadeau pour mon anniversaire. Arg je ne m’y attendais pas à celle là, mais j’ai énormément
apprécié la délicate attention. Je reçois donc mes premiers (et pas les moindres) cadeaux d’anniversaire : deux jolis colliers et deux jolis bracelets, que vous aurez l’occasion d’admirer
puisque je les porte déjà (et non, pas tous en meme temps...)… On a posé toutes nos affaires à l’hôtel, profitant quelques secondes du magnifique paysage que nous offre la terrasse (pas folles
les guêpes, on est repartis au troisième étage !), la journée commençait donc plus que bien... On a ensuite repris la route, ben ouais, on n’est pas là que pour prendre du bon temps quand
même !, direction N’Gare N’Dare, si vous vous ne souvenez pas, il s’agit de ma première visite de terrain, donc ce n’est quand même pas rien ! Cette fois, je ne me suis pas perdue (que
de progrès en 6 mois), et j’ai même gagné la bataille contre le GPS (quel homme mdr) en gérant l’entrée des données et même la navigation !! Mdr.
En début d’après midi, on est passé chercher Peter, et on est parti pour Daaba, l’endroit où on trouve les plus beaux Acacia tortilis du monde. Cet endroit est magique, c’est
vraiment très beau, et je suis définitivement amoureuse de mes arbres…
Le seul petit point (et quand je dis petit, c’est ironique parce que ce n’est pas vraiment bon pour la suite) à mettre dans la case négatif, c’est qu’il n’y a absolument pas de
gomme, alors qu’on est en pleine saison sèche, et que donc, les arbres devraient produire. La saison des pluies n’ayant pas été ce qu’elle aurait du être, ça s’annonce mal pour les pauvres
populations qui vont avoir encore moins de ressources que les années passées.
Sur la route du retour, on a fait un pause par le bureau de Peter et de Nicholas, puis on est allé rencontré un gars (dont j’ai déjà oublié le nom) qui bosse sur le projet (sur
les aspects « marché ») mais qui ne connaissait pas encore Peter et Nicholas. Bref, avec tout ça, il était presque 18h, le soleil se couchait, et vous ne vous rappelez peut être pas,
mais Didier me doit un coucher de soleil depuis notre première sortie de terrain… Pour honorer sa promesse, et un peu aussi par fierté parce que je l’ai charrié toute la journée (même s’il n’a
pas voulu l’avouer !), nous avons repris la route pour prendre de la hauteur et admirer un magnifique coucher de soleil derrière la colline, avec une super lumière sur toute la vallée. Le
moindre que je puisse dire, c’est qu’il a largement honoré (de loin et plus encore) sa promesse, et j’espère que les photos seront belles (celles de ma mémoire sont magnifiques, vous pouvez me
croire sur parole !).
Bref, il faisait un froid de canard avec le vent fort qui soufflait, on ne s’est donc pas attardé, et avons regagné l’hôtel ou une fois de plus, nous avons veillé relativement
tard, à discuter, discuter encore, sans pouvoir s’en lasser, autour d’un bon petit plat chaud, puis sur la terrasse sous un ciel rempli d’étoiles malgré les petites lumières parasites. Quelques
étoiles filantes nous ont même fait l’honneur de nous accompagner (mais c’est Didier qui les a toutes vues, c’est injuste !!), pour conclure la journée et placer cette soirée à la frontière
entre la perfection et l’irréalisme…